Interview Dominique Bourg

Le 30 octobre 2026

Dominique Bourg, garant expert de la concertation, en suisse, sur le projet de collisionneur de particules du CERN

Dominique Bourg, garant expert de la concertation, en suisse, sur le projet de collisionneur de particules du CERN
© HANNAH ASSOULINE

Vous avez été garant de la concertation qui s’est tenue en Suisse, pays qui n’a pas cette pratique que nous avons en France ? Qu’en avez-vous retenu ?

La Suisse ne connaît pas effectivement ce type de concertation parce que les citoyens disposent d’autres procédures - juridiques ou politiques (votations locales), et non consultatives - leur permettant de se prononcer contre un projet d’aménagement. Que la votation n’ait pas été juridiquement possible avec le projet de collisionneur du CERN, qui relève d’une organisation internationale, a posé certaines difficultés. 

Le dispositif mis en place pour le CERN comprenait une convention citoyenne des jeunes. Quel est le rôle des générations futures dans des projets de ce type ?

Le projet du CERN concerne la physique des années 2040 et pourrait à compter de 2070 connaitre des évolutions. Effectivement, c’est un projet pour la physique de demain qui concerne au premier chef les générations futures. L’Atelier de la Relève n’a d'ailleurs pas du tout donné lieu aux mêmes échanges que les rencontres avec les riverains.

Plus généralement, quel regard portez-vous aujourd’hui sur la démocratie participative, au vu de la polarisation de la société et des mécontentements qui s'expriment ?

La démocratie participative, dont la démocratie délibérative qui en relève tout en étant plus exigeante, constitue avec les démocraties délégative et directe (en réalité semi-directe), l’une des trois modalités par lesquelles les citoyens influent sur la décision publique. On ne peut en juger seule. Elle est plus qualitative et touche par définition un public restreint. Elle est à vocation consultative. On ne peut lui demander ce qu’elle ne peut donner. Elle est beaucoup plus difficile à conduire dans un contexte de division profonde de la société, voire de violences, tel celui que nous traversons. Elle dispose d’un cadre juridique avec la CNDP quand il s’agit d’aménagements, mais nullement avec les procédures du type Convention climat, ce qui est hautement problématique.