Grand Paris : quelle redistribution des cartes ?
Si les inquiétudes quant à l’avenir du Grand Paris ont été dissipées, François Hollande s’étant engagé à poursuivre le projet dans le respect de l’accord conclu entre Etat et la région le 26 janvier 2011, le projet se retrouve aujourd’hui de nouveau sous le feux des projecteurs.
Principal sujet d’interrogation, le ministère de tutelle du projet. La question a été tranchée : celui-ci relèvera finalement de la compétence du Ministère de l’Egalité des territoires et du Logement, à la tête duquel a été nommée Cécile Duflot, également présidente du groupe EELV au conseil régional d’Ile-de-France. De quoi raviver des vieilles inquiétudes. En effet, les Verts restent opposés au projet.
Par ailleurs, la question du financement du projet, estimé à 32 milliards d’euros, reste entière. François Hollande et son équipe indiquaient dans un courrier adressé fin avril à l’Association des Maires d’Ile-de-France réfléchir aux moyens de financer le projet. La question du financement ouvre la réflexion sur d’autres éléments, notamment la place et les compétences respectives du STIF et de la SGP mais aussi la gouvernance du projet.
La création d’une autorité du logement dans le cadre du projet a été récemment évoquée : la création d’une nouvelle instance en charge du volet logement du Grand Paris avec un périmètre de compétences étendu, celui de Paris Métropole, pose de la même façon que le financement un certain nombre de questions relatives à la gouvernance du projet.
Affaire à suivre.
Pour en savoir plus :
L’essor du blogging « hyperlocal »
Depuis quelques années, les blogs s’imposent comme des nouvelles sources d’information et d’actualités mais aussi de débats et de controverses. Elus, particuliers,journalistes, collectivités… nombreux sont les acteurs séduits par ce nouveau moyen de communication.
Comment expliquer un tel succès ?
Facile à prendre en main, le blog est un outil accessible à tous : élus, citoyens, collectivités et institutions, journalistes etc. Chacun y trouve son compte.
Pour les citoyens, il offre l’occasion de devenir émetteur d’informations et d’opinions sur l’actualité locale.
Les collectivités de plus en présentes sur le web plébiscitent également cet outil qui leur permet de valoriser le territoire mais également de communiquer de manière différente avec leurs publics voire même de les associer à la vie locale à l’exemple de la ville de Paris avec le concours blogmoi.paris.fr, qui en est aujourd’hui à sa seconde édition.
Les journalistes y voient, eux, l’opportunité de s’intéresser à des sujets non exploités par les supports traditionnels et non inscrits à l’agenda médiatique à l’exemple de l’actualité microlocale.
Nouveaux canaux pour diffuser de l’information locale, les blogs offrent une réelle visibilité aux informations du quotidien, complétant ainsi la presse institutionnelle et locale. A noter que le caractère plus spontanés des blogs « amateurs » émanant de citoyens, beaucoup moins formatés que ceux écrits par des journalistes de professions.
Toutefois, cet outil est l’occasion pour ces derniers de s’essayer à des nouveaux codes de rédaction et d’investigation. Le Monde lance en 2011 la série de blogs Un jour en France, composée de 8 blogs de journalistes relatant le quotidien d’habitants de villes très différentes.
Autre possibilité offerte par ce support : la mise en valeur de points de vues minoritaires ou trop critiques quant à la gestion locale de leur territoire. Certains se réjouiront que le blog local permette une communication plus horizontale ou fasse émerger des conflits latents. D’autres s’inquièteront des effets d’une telle médiatisation sur l’ordre et l’organisation de la collectivité.
Le revers de la médaille ?
En effet, le blog est au contraire un lieu d’expression de soi : lorsque l’on parle de la ville, on parle avant tout de « soi » dans la ville. Il est donc difficile pour l’internaute de vérifier et de se fier entièrement au contenu mis en ligne sur un blog local de particulier, voire d’élu. Il n’y a aucune obligation pour les bloggeurs de vérifier, de spécifier ses sources ou d’être objectif.
Par ailleurs, il importe de questionner l’apport de cet outil à la parole citoyenne. La réalité démontre que se réinstaure alors une hiérarchie des émetteurs allant à l’encontre de la logique participative et démocratique du blog local. L’expertise d’un universitaire, d’un élu, d’un journaliste donneront au blog la crédibilité nécessaire à sa visibilité. De même, un blog rattaché à un grand titre tel Le Monde ou Le Nouvel Observateur, ou encore affilié au site d’une municipalité, sera souvent mieux référencé, lu et relayé. Ainsi, si les blogs locaux permettent aujourd’hui une expression plus libre sur des problématiques urbaines, ils ne rendent pas systématiquement plus audible la parole du citoyen.
Bloguer la ville demeure cependant une activité source de dialogue ainsi qu’une opportunité pour les collectivités d’accroître leur visibilité. Il est par ailleurs important pour celles-ci de prendre en considération les blogs de citoyens, qui offrent un regard différent sur la ville.
Pour en savoir plus :
Les gratte-ciel de retour à Paris
Après des années de disgrâce, voilà que les tours ont de nouveau droit de cité dans le ciel parisien.
Celles-ci ont, en effet, été bannies de la capitale à la fin des années 70 : la dernière tour construite à Paris est la Tour Montparnasse, inaugurée en 1976.
En 2018, la tour Triangle dans le 15ème arrondissement, le futur Palais de Justice de Paris dans le quartier des Batignolles (17ème arrondissement) et l’édifice Duo de Jean Nouvel dans le 13ème arrondissement devraient faire prendre de la hauteur à la ville.
Comment expliquer ce retour en grâce ?
Face à la raréfaction du foncier dans la capitale, de tels édifices sont perçus comme un moyen de remédier à la pénurie de logements et équipements collectifs comme en témoignent les propos d’Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris en charge de l’Urbanisme : « Nous avons décidé de refaire des tours à Paris car les terrains y sont rares et doivent être utilisés au mieux et parce que notre capitale ne doit pas devenir une ville musée» .
Les débats sur la croissance verticale de la capitale reprennent avec l’arrivée de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris, pour qui la pénurie de terrains constructibles, le manque de logements et d’équipements imposent de réfléchir à une extension en hauteur de Paris, alors même que la croissance de la ville est limitée par ses frontières historiques.
La croissance verticale de Paris est, elle, limitée par le règlement en matière d’urbanisme : en effet, la hauteur maximale autorisée par le plan local d’urbanisme (PLU) est de 37 mètres. Si la construction de gratte-ciel est aujourd’hui envisagée, c’est parce que celui-ci a été révisé en 2010.
Par ailleurs, ces projets ont toujours suscité des réactions hostiles : en 2004, lors d’un sondage réalisé par la ville, les parisiens affirmaient leur opposition à de tels de projets. Aujourd’hui encore, la mobilisation reste forte contre le retour des tours dans la capitale. Energivores, couteuses, «objets du passé», les tours suscitent notamment l’opposition des élus Verts de la capitale et d’associations comme SOS Paris.
Présentées comme le « retour en force « des tours dans la capitale, le projet Duo de Jean Nouvel prévoit la construction de deux tours dont la plus haute culminera à 231 mètres. Celles-ci comprendront bureaux, commerces, un hôtel etc. pour redynamiser un des territoires les plus déshérités de Paris, la ZAC Seine Rive Gauche, quartier en pleine recomposition, tout près de la Bibliothèque nationale de France dans le XIIIe arrondissement. La mairie a également prévu dans ce quartier trois autres tours.
Pour en savoir plus :
Site de la Ville de Paris
Le Figaro, Les Batignolles : un palais de justice ultramoderne en 2017
Le Figaro, Le come back des tours à Paris
Les Echos, Paris choisit Jean Nouvel pour construire deux tours géantes
Le Monde, Que poussent les gratte-ciel à Paris !
Le Figaro, Un projet relance la polémique sur les buildings
Le concept de « Smart City » au service de la ville durable
Compétition entre les différentes aires urbaines mondiales, raréfaction des ressources naturelles et changement climatique, croissance urbaine et développement démographique, développement des nouvelles technologies etc. les villes sont aujourd’hui confrontés à de multiples enjeux qui les obligent à repenser leurs stratégies de développement.
On peut définir la ville durable comme la prise en compte dans les domaines de l’urbanisme et de l’aménagement des problématiques environnementales. La notion de ville durable est aujourd’hui régulièrement mobilisée dans les projets d’aménagement et de développement urbains.
Pour approfondir ce concept de ville durable, on mobilise aujourd’hui le concept de « Smart City » ou « ville intelligente ».
L’utilisation croissante et l’apport des technologies de l’information et de la communication dans les pratiques urbaines ont permis de forger la notion de « Smart City », bien que le concept reste aujourd’hui à formaliser.
En effet, les nouvelles technologies (supports numériques, compteurs intelligents, domotique etc.) favorisent de nouvelles façons de concevoir le développement et la gestion des espaces urbains (partage d’informations en temps réel, faciliter les actions au quotidien, cyber administration etc.). Cette approche permet également de satisfaire les enjeux de la ville durable : ces nouveaux outils d’informations et de communication offrent également de nouvelles opportunités pour la réduction des dépenses énergétiques, la mutualisation des ressources etc.
Nouveaux usages et innovations technologiques ne doivent pas être considérés comme un modèle de développement urbain à part entière mais bel et bien être mis au service de la ville durable.
Pour en savoir plus :